Poilant !

Le Poil dans les Péplums Hollywoodiens

La question qui consiste à s’intéresser aux représentations de l’homme romain dans le cinéma n’est pas vraiment nouvelle. Déjà en 1975 Roland Barthes dans son ouvrage Mythologies, se risquait à une analyse des péplums hollywoodiens.

Plus spécifiquement, c’est aux figures des acteurs majoritairement américains,que le chercheur accorde une attention toute particulière. Sa remarque à l’époque est juste : “la binette yankee des figurants d’Hollywood” se devait de nous persuader d’être ailleurs : non plus dans une superproduction américaine, mais dans la Rome Antique des Césars.

Ainsi, les traits de ces acteurs nous semblant singuliers, loin des héros romains que l’on a tendance à s’imaginer, allait être métamorphosés par un simple signe : la frange. Cet attribut capillaire est l’expression pure et simple de la romanité.

Les Romains au cinéma

Du Jules César de Joseph L. Mankiewicz en 1953 au Galdiator des années 2000 de Ridley Scott, le cinéma n’a que très peu changé dans ses représentations du monde Antique. L’homme Romains, tel qu’il apparaît à l’écran se trouve affublé d’une mèche de cheveux qui lui tombe bas sur le front. Elle vient encadrer le visage de son porteur avec sévérité, signe de sa vertu et de sa gravité. Ne laissant aucune place aux hommes chauves, alors que l’histoire romaine en a fourni un bon nombre.

Marlon Brando, Jules César, de Joseph L. Mankiewicz

Tout cela n’a qu’un seul but, celui de jouer sur notre imaginaire. Un peu comme ces marbres blanc des Césars, les hommes qui les incarnent se construisent dans l’artifice, en manquant toute la nuance, et donc l’essence, de l’Antiquité. Car avec le temps les sculptures ont perdu leurs couleurs, leur vérité. De la même façon, les acteurs jouant ces personnages antiques manque de la franche couleur du naturel. Effectivement, la mèche frontale est là pour rassurer, pour clamer haut et fort que nous sommes à Rome. Or, ce signe qui se veut « naturel », offert abondamment à notre regard et qui aspire par lui seul à dire que l’homme antique est ainsi fait, nous dupe. Car c’est prendre une partie pour un tout, c’est faire une synecdoque dangereuse. De confondre le signe avec le signifié (le concept), c’est tout simplement appauvrir le réel.

Russel Crowe, Gladitaor, de Ridley Scott

Un éléphant ça trompe énormément 

L’adage qui veut que l’habit ne fasse pas le moine, se vérifie ici aussi. Ce n’est pas parce que Maximus porte cette petite frange dans Gladiator qu’il devient immédiatement romain. Ce signe tronqué et bâtard, qui prétentieusement se veut être « naturel » exprime le contraire. Il est un artifice clownesque que l’on appose sur un homme pour nous le faire passer pour un autre. Mais, cela ne prend pas, la ficelle étant trop grossière.

En conclusion, comme pût l’écrire Plutarque en son temps « la barbe ne fait pas le philosophe », la mèche sur le front non plus. Pas plus que la barbe ne fait la virilité, contrairement à ce qu’a déclaré Samir Hammal, maître de conférence à Science Po, sur le nouveau premier ministre de la France.

 

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